dimanche, février 25, 2007

Si on filmait l'histoire de ma vie, ce serait un road-movie

Il faut absolument voyager seul, au moins une fois dans sa vie. Il faut absolument savoir ce que c'est que la rencontre brute avec un pays. Seul, on n'emmène pas sa culture et ses codes avec soi. Pas autant. Pas pareil. Impossible de renverser la journée difficile par une blague familière, de se rappeler des souvenirs communs pour se rassurer. On est nu face à la culture étrangère, vulnérable et perméable.
Seul, on doit parler la langue de l'autre. Ca force l'humilité. Du balai le français châtié qui souligne sa classe sociale de jeune fille bien élevée : en italien, arabe ou en slovaque, on n'est jamais qu'une intruse qui s'efforce de balbutier un pauvre "merci et aurevoir" à un individu goguenard. Il est parfois bon de remettre les choses à leur place.
Seul aussi, on favorise le contact. Avec d'autres voyageurs d'abord, isolés ou pas, contents de trouver quelqu'un avec qui converser le soir dans la chambrée. On trouve de tout dans les auberges de jeunesse, de l'étudiante effectuant son "gap year" autour du monde au vrai backpacker barbu qui n'a pas vu de douche depuis un bail. Pittoresque en tout cas. Ensuite, seul, on n'effarouche pas le local. Ou moins. Et c'est la seule façon de découvrir une contrée : par les yeux de ceux qui la peuplent.
Enfin, seul, on prend la ville de plein fouet. Pas moyen de se cacher derrière quoi que ce soit. Si on se perd, ça sera de notre faute, et il faudra bien se dépêtrer tout seul de ce labyrinthe de ruelles ocres. Si on se fait dépouiller aussi. Mais si on découvre par un hasard un sentier peu battu, un jardin coloré ou un sourire hospitalier, on sera tellement fier de nous qu'on tombera forcément un peu amoureux de cet ailleurs-là.

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