Je dois vous avouer que je suis bien embêtée : je ne sais pas calculer le nombre d'heures que je travaille par semaine. Ca a peut-être l'air ridicule, comme ça, mais à l'heure où tout le monde raisonne en termes d'heures sup', je suis en voie de ringardisation accélérée, moi.
Bon. Soyons méthodiques. Il y a les heures devant élèves, soit 18 par semaine : ça, c'est invariable. Les conseils de classe, 6h tous les deux mois, soit à peu près 45mn par semaine. Le remplissage de bulletins, pareil. On en est à 19h30. Jusque-là, fastoche.
Après, ça se corse pour la préparation et les corrections. La semaine où je réutilise, en la modifiant un peu, une séquence de l'an dernier, ça dépasse pas les 2h par classe, soit 6 en tout. Mais quand les programmes de première changent, et qu'en plus je refuse de faire la même chose dans les deux classes histoire de maintenir un brin éveillées mes capacités intellectuelles, on arrive plutôt à 5h par classe, soit 15h. Pour les corrections, tout pareil : si l'on fait à la louche la moyenne entre les semaines d'avant-vacances où je fais en sorte de partir peinarde en Crète, et celles de bac blanc où je me coltine allègrement 76 copies écrites à la pelle à fumier, on doit arriver à 4h hebdos. Allez, je vous le fais à 7h30 de prépa/correction la semaine. La belle rigueur scientifique du début a déjà du plomb dans l'aile.
Mais c'est pas tout. Il y a aussi toutes ces activités dont je me demande si elles sont comptabilisables ou pas. Lire les bouquins qu'on va faire étudier, a priori oui. Lire aussi des bouquins que finalement, non, on n'étudiera pas parce qu'ils sont trop difficiles, trop nuls, trop truffés de sexe ou de vulgarité : c'est toujours travailler, non ? Même si j'y prends parfois du plaisir ? Et alors aller à la bibliothèque, au théâtre ? Est-ce qu'on ne peut pas considérer que c'est nécessaire à ma fonction, de même que traîner dans les cocktails et les salons pour un commercial ? Et lire régulièrement le journal, quand on veut lier la littérature au monde contemporain ou même travailler sur la presse à l'école ? Et pourtant, aller voir Douce vengeance et autres sketches ou feuilleter Le canard enchaîné, faut bien avouer que ça fait pas vraiment boulot. Et quand je fais du théâtre ou reprends mes études de FLE, ça compte ou pas ? Ca influence pourtant directement ce que je fais en cours. A moins que ça ne compte que lorsque ça m'est imposé et pénible ? Et les réunions avec les parents ? Les rapports sur le comportement des emmerdeurs ? Et que faire de toutes ces notes pédago que je me colle partout, du genre "l'année prochaine, pour favoriser l'autonomie, il faudrait mettre en place un système d'autoévaluation" ?
Et puis surtout, comment je fais pour compter le temps que tout ça prend, moi ?
Oh, et puis merde. Je décrète autoritairement que je fais mes 35h comme tout un chacun, voilà. Et le premier qui vient contester mon calcul hyper rigoureux, je lui rétorque qu'on n'a pas idée de parler en termes d'heures de présence plutôt que d'efficacité, non mais. Mouton, va.
2 commentaires:
8 !!
J'ai bon, m'dame ?
ha ha ha ,une fois je me suis lancée dans un calcul aussi ... je ne me souviens plus exactement du résultat mais mes yeux se sont écarquillés, un truc monstrueux !
Vais travailler en fraction moi (bah oui, j'enseigne chez les petits, faut que je manipule :-p)
Sur une semaine : 2/4 de mon temps pour le boulot, 1/4 pour dormir,manger, douches,pipi,caca et 1/4 à stresser pour essayer de faire les trucs du quotidiens ....aaaaaaaa... frissons !
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